Très souvent, la hausse annuelle des frais d’assurance collective est uniquement attribuée à l’assureur! Cependant, tant le promoteur que les participants d’un régime peuvent agir sur plusieurs fronts et ainsi contribuer significativement au contrôle des coûts. Voici quelques exemples ciblés d’actions vite applicables dans votre entreprise et qui témoigneront d’une utilisation responsable.
Résumé des principes fondamentaux de la tarification en assurance collective
Deux concepts généraux guident les assureurs dans l’établissement des primes requises lors du renouvellement annuel d’un contrat d’assurance collective :
Tout d’abord, pour eux, le passé est garant de l’avenir. Si un régime est employé à une certaine fréquence par les participants (réclamations de médicaments onéreux, recours plus ou moins marqué aux soins psychologiques, etc.), ladite utilisation devrait demeurer constante d’année en année.
De plus, en règle générale, le rôle de l’assureur est de garantir une mutualisation du risque entre les participants d’un régime, et non entre tous les régimes de son portefeuille. En somme, il doit obtenir assez de primes pour couvrir les réclamations des participants d’un régime donné tout en bénéficiant d’une marge pouvant couvrir ses frais et profits dans une optique de contrôle des coûts.
Éventail des couvertures : des dépenses budgétables aux risques majeurs
Quelles sont les principales raisons d’être d’un régime d’assurance collective?
Première réponse habituelle : protéger contre les risques majeurs, soit ceux difficiles à prévoir et contre lesquels il serait ardu pour un participant de se protéger adéquatement par ses propres moyens.
On oublie souvent ce concept en assurance collective, puisque les soins et articles médicaux prennent beaucoup de place dans la discussion. Or, si nous traçons le parallèle avec d’autres types d’assurance, par exemple l’assurance habitation, l’objectif ultime serait de payer nos primes annuelles en espérant ne jamais devoir réclamer pour un sinistre majeur comme un incendie ou un dégât d’eau.
L’assurance invalidité de longue durée se trouve au sommet des risques majeurs en assurance collective. Souvent perçue comme une couverture peu intéressante, elle est pourtant essentielle pour protéger les participants du risque de se retrouver sans un revenu adéquat jusqu’à leurs 65 ans.
Par contraste, des couvertures comme le remboursement des dépenses pour des lunettes ou des examens dentaires sont souvent demandées par les participants, alors que ces dépenses sont généralement plus faciles à prévoir dans un budget annuel.
Bien comprendre son régime : un passage obligé pour réduire l’insatisfaction
Trop souvent, des participants sont surpris d’apprendre que leur régime ne couvre pas un article ou un soin médical, après avoir engagé des frais qu’ils souhaitent se faire rembourser. Il est important de fournir des renseignements clairs pour leur procurer une vision globale des couvertures auxquelles ils ont accès dans un programme d’assurance collective axé sur une utilisation responsable.
Cela est d’autant plus vrai dans le cas d’un régime modulaire, dans lequel le participant peut choisir le niveau de couverture de certaines garanties. Des soins que je prévois recevoir prochainement sont-ils couverts dans tous les modules? Si j’estime ne pas devoir recourir à un dentiste dans les prochaines années, devrais-je alors choisir un module ne couvrant pas les soins dentaires? Il s’agit d’exemples de questions que devrait se poser tout participant à un régime modulaire d’assurance collective avant d’effectuer son choix.
Habitudes à changer : éduquer les participants pour modifier leur perception de l’assurance collective
Un réflexe pour plusieurs participants à un régime d’assurance collective est de considérer que si un bénéfice y est offert, aussi bien en profiter. Que s’il reste une centaine de dollars cette année pour la couverture du massothérapeute, ou qu’un montant est disponible pour l’achat de lunettes, autant en profiter, même si le besoin n’existe pas nécessairement. Après tout, des primes sont versées à l’assureur pour en bénéficier.
C’est vrai dans les cas où il y a un réel besoin ou enjeu de santé à régler, en prévention ou en réaction. Cependant, comme nous l’avons vu, de tels comportements favorisent directement une hausse future des primes pour éviter une perte de contrôle des coûts. Il est essentiel que le régime d’assurance collective soit fasse l’objet d’une utilisation responsable lorsqu’un besoin réel est présent.
Un autre comportement simple à mettre en œuvre est de faire valoir aux participants du régime les économies réelles engendrées par le renouvellement de leurs ordonnances pour trois mois en pharmacie. En effet, une proportion souvent importante de la facture des médicaments provient des honoraires du pharmacien, qui s’appliquent lors de chaque renouvellement de prescription. S’ils sont trimestriels, les honoraires sont donc imputés une fois plutôt que trois. Les participants économisent individuellement, mais font aussi bénéficier le régime de ces économies puisque les réclamations totales sont moins élevées.
Une panoplie d’astuces de contrôle des coûts n’affectent pas nécessairement la générosité d’un régime. Toutefois, être bien informé sur nos choix et couvertures demeure la clé!
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Olivier Lafontaine-Grenier, B.Sc.Act.,
Analyste principal en actuariat - Assurance collective